Egyptian Blue, un « revival » du Post-Punk

Egyptian Blue est un quatuor anglais, réincarnant l’intensité musicale des grandes heures du Post-Punk. On retrouve ainsi, dans leurs compositions, toute l’énergie et la vitalité du mouvement Punk anglais, mais encadrées par la richesse de son alter-égo musical (Post-Punk) : il y a un petit air de Joy Division.

Comme l’évoque par éponymie la référence au « bleu » des anciens Egyptiens, probablement un des premiers pigments synthétiques, ce groupe se place musicalement aux origines du genre, dans une sorte « d’antiquité » du New-Wave. La métaphore égyptienne s’arrête ici, mais ce topos évoque un côté très « eighties » : on pensera aux Madness avec Night Boat to Cairo.

La conjugaison des riffs grinçants et denses, du rythme saccadé et d’une voix à la fois tapageuse et rauque, produit un effet saisissant d’originalité. Aiguisée comme le fil d’un rasoir, la ligne de basse n’a rien à envier à celles des Sex Pistols. Contain it et Collateral incarnent cette force, et nous font sentir le caractère New Wave des mélodies. Leur goût pour l’introversion et pour l’expérimentation musicale se lit dans les méandres complexes et « arty » des sonorités, à la section rythmique envoûtante.

Le ton est évidemment cynique et désabusé (Never) ; on imagine sans difficulté une balade envoutante mais désespérée, au cœur de la banlieue ouvrière de Brighton… On pourrait y voir une renaissance de la scène Baggy de Manchester.

Leurs compositions impitoyables sont au rendez-vous dans leur EP, Body of Itch, sorti récemment.

🖊 Florentin Courillon

 

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