Blackbird Hill, un heavy blues qui vous emmène sur les routes

Pour la sortie de leur premier opus, fin février, « Razzle Dazzle », Blackbird Hill prend la route et s’élance vers l’Ouest américain. Nature sauvage et grands espaces sont au cœur de ce rock blues endiablé et magnifiquement âpre. Ce « heavy blues rock », rappelant sans vergogne le regretté  groupe Wooden Shields, est une invitation au voyage… un trip dans le temps tant par la technique que par les thématiques abordées.

Le duo conjugue à la perfection modernité et tradition, dans ce genre musical pourtant déjà si riche. Favoris au vent, guitare à la main, le duo bordelais fait sentir, sans artifice, les racines profondes du blues. Le timbre aérien et doux des voix détonne grandement mais  souligne la force et la ferveur de la mélodie, et produit cette étincelle particulière, véritable âme du groupe.

Les voix transmettent toute la passion qui fonda le blues, puisant  dans les origines de ces chants de travail afro-américains. Mais l’ivresse et la frénésie des riffs lourds, lents et saccadés qui semblent fendre l’air tel le galop du mustang parcourant inexorablement les pistes de cette nature sauvage, donnent l’envergure des compositions.

Cet aspect « heavy » résonne avec la puissance des sonorités punk : riffs lourds et saturations massives… sans oublier les refrains amoureux et entrainants, comme dans  « On the Rocks ».

La richesse des compositions s’incarne aussi avec « Cut the Boards », où la mélodie lancinante et le chœur succombent à la fureur assourdissante et électrisante de la guitare, qui vous rappelleront au détour d’un accord the White Stripes ou encore le brutal « Beast » de Nico Vegas… On pourrait aussi citer « Two Wolfes », dans laquelle le jeu de guitare, reposant sur leur furia  indéfectible, la batterie tonnant sans fléchir, surgissent comme les deux prédateurs traquant leur proie implacablement.

La guitare slide, ou encore « Bottleneck guitar » pour faire couleur locale, est évidemment au rendez-vous (« Smoke and Mirrors »), fondant d’autant plus leur musique dans ce paysage digne du delta  du Mississippi.

Mais le groupe se prête aussi parfaitement à un folk des plus originel et admirablement simple, nous plongeant dans un autre pan de cette Amérique fantasmée, de ce Far West à la fois moderne et imaginaire, avec « Wreckage »… la nostalgie omniprésente vous saisira assurément. Chaque morceau raconte son histoire… entre balade et course débridée.

🖊 Florentin Courillon

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